Intervention 1 (4 min 31)
[00:00] Tout le monde m'entend, en fait, ou pas ? [Dans la salle : « Micro. »] Allez, d'accord, je prends quand même le micro, donc je sais pas si tout le monde m'entend. Ouais, c'est bon. Donc, effectivement, moi, je voulais prendre rapidement la parole. Je vais essayer de faire court. Merci, [prénom d'un participant], pour les rappels historiques que tu as pu faire. Juste pour reprendre, [passage peu audible]. Pour reprendre très simplement… [Dans la salle : « Ah ouais, mais on n'entend pas bien, hein. »] Bon, pour reprendre très simplement, tout le monde est d'accord sur quelques points. [Dans la salle : « Vous êtes qui, pardon ? »] Excusez-moi, [nom retiré]. Je suis actuellement élu à la Métropole. [Dans la salle : « Ah OK. Bonsoir. »]
[00:30] Et donc, tout le monde est d'accord. La Métropole est mal née. Elle a été mal conçue. Elle ne répond pas à ses objectifs de base. Ça, c'est le point qui fait à peu près consensus, je pense, chez tout le monde ici. Je rejoins ce que vous dites, [nom d'une participante], effectivement, sur le poids aussi qu'a l'État, la responsabilité que porte l'État aujourd'hui dans la situation des collectivités territoriales, puisqu'elle a choisi, à travers la décentralisation, de faire peser de plus en plus de contraintes budgétaires sur les communes, tout en leur déléguant en même temps des services qui sont des services publics nécessaires et qui doivent exister. Et donc aujourd'hui, on a une vraie question. Et c'est peut-être ça la grande question qu'on a sur les questions du financement métropolitain : c'est la question de ce que l'État souhaite faire de ses collectivités, qu'elles soient des communes, qu'elles soient des départements et, à plus forte raison, des métropoles.
[01:09] Mais effectivement, c'est un point qu'il va falloir aborder. Et je ne sais pas si ça pourrait être un sujet dans les prochaines campagnes qui seront faites. Je sais que c'est un sujet qui ne passionne pas de manière générale. Malheureusement, et ce soir c'est un peu le contre-exemple, mais les foules. Mais ce serait un bon sujet, pour moi, de campagne électorale. Et pour moi, ce serait bien qu'on ait un maximum d'engagement de la part de tous les candidats.
[01:30] Sur la question aujourd'hui, moi, très rapidement, sur ce qui s'est passé aujourd'hui. Vous avez vu qu'on est passé d'une métropole dans laquelle on était en clivage permanent. Et ça a permis, y compris, de rendre les questions métropolitaines… de publiciser les questions métropolitaines. Jusque-là, elles étaient [l'affaire d']un petit groupe d'initiés. Et je sais qu'on était quelques-uns ici à en parler. Ça a permis de les rendre plus visibles aux yeux de l'opinion. C'est les différentes campagnes qui ont été menées à l'époque sur les poubelles, sur les transports en commun, sur la question de la voirie. C'est toutes ces campagnes-là qui ont permis que, lors de la dernière campagne électorale, on a pu voir des gens nous interpeller sur la question de la métropole, de comment elle fonctionne, ce qui est plutôt bien pour le débat démocratique aussi. Et donc, sans avoir d'élection directe, je ne me prononcerai pas sur ça, mais on arrive aujourd'hui à avoir des citoyens qui s'approprient la question métropolitaine, ce qui est nouveau, en tout cas à Marseille. Je ferais bien la distinction entre Marseille et le reste du département.
[02:19] Et donc, la dernière élection a permis de marquer à nouveau la défaite de la candidate de droite, et donc a laissé place à une gouvernance que moi j'appelle gouvernance renouvelée, à défaut de dire gouvernance partagée. Je sais que les deux mots existent. Et puis il y a eu très vite cette question financière qui est revenue sur le devant de la scène par le président salonais Nicolas Isnard, qui nous a parlé d'un trou de 123 millions d'euros. Je ne me prononce pas sur les raisons du pourquoi du comment, mais il n'y a pas de sujet [?]. J'imagine que les circonstances sont nombreuses. Moi, juste sur ça, je voudrais marquer deux choses.
[02:51] La première, c'est que pour la première fois, il y a un groupe uni de gauche qui a réussi à faire valoir les intérêts de la ville-centre, et en tout cas à refuser les intérêts des villes principales bénéficiaires des AC, face au système métropolitain qui était face à lui. C'est sur une délibération sur laquelle il fallait deux tiers des votants. Et donc, vous avez vu qu'on a réussi à réunir ce tiers qui permet de bloquer aujourd'hui ce qui était prévu pour Marseille, c'est-à-dire une perte de 20 millions d'euros bruts en fonctionnement, ce qui est catastrophique pour notre commune. Et puis la deuxième chose, c'est qu'à nouveau, on va obliger l'État à se repencher sur la manière dont elle a fait la distribution financière, et dans la manière dont elle a laissé une distribution financière opaque se faire au sein de la collectivité territoriale que vous avez aujourd'hui, c'est-à-dire la métropole.
[03:34] Aujourd'hui, personne ne peut dire ce qui va se passer dans les prochaines semaines, dans les prochains mois. Il y a fort à penser qu'on assiste à la fin d'un système métropolitain. Et encore une fois, quand on dit ça, il faut imaginer que pour nous, c'est bénéfique. Mais quand vous voyez les habitants d'autres communes, certes, ils touchent des AC qui sont totalement anormales. Et moi, je pense aux 2 000 euros par habitant dont tu as parlé, ou les habitants de Saint-Marc-Jaumegarde [?]. Mais c'est là aussi qu'on est face à une contrainte. Ces habitants ont voté aussi. Et donc, par principe, ils ont aussi voix au chapitre. Et ce qu'ils nous disent, c'est que même gavés d'AC [?], le plus difficile, quand on a du sucre dans la bouche, c'est de se le faire retirer. Ce ne sera pas le cas pour le micro, je l'enlève tout de suite.
[04:11] Donc aujourd'hui, c'est le débat que nous avons actuellement. Je ne sais pas sur quoi ça mènera. On est d'accord sur la plupart des points qui font l'essentiel. Moi, je voudrais juste qu'on relève ce moment où, pour une fois, la parole de Marseille n'a pas été liée [ou « niée » ?] comme elle l'a été pendant toutes ces années. Et pour la première fois, elle a pu s'exprimer, mais mieux, elle a pu trouver gain de cause. Voilà, merci beaucoup et désolé.
Intervention 2 (2 min 21, enregistrement commencé en cours de phrase)
[00:00] […] Comme ce soir, ça le montre aussi, qu'il y a besoin d'avoir une implication citoyenne aussi. Et le travail d'élus aujourd'hui dans la métropole, il est possible, certes, mais il n'est pas suffisant. Il faut effectivement que des grandes causes soient sorties de l'intérieur de la métropole. C'est d'ailleurs ce qu'on a essayé de faire un certain nombre de fois sous le dernier mandat, même si ça ne s'est pas fait dans un espace organisé comme, j'entends, toi, tu le souhaites. Mais effectivement, il y a besoin d'une conscience métropolitaine citoyenne.
[00:23] Parce que moi, si je pouvais un peu vous dire quelque chose : le fait métropolitain, il existe aujourd'hui. Vouloir en finir avec la métropole, c'est une solution qui peut paraître séduisante sur le papier, mais qui nie en fait ce que nous sommes réellement. Nous sommes métropolitains avant l'existence même de la métropole. Nous sommes métropolitains dans nos habitudes, nous sommes métropolitains dans notre façon de vivre, nous sommes métropolitains dans notre façon de nous exprimer, y compris, puisqu'aujourd'hui les habitants sont en avance même sur les dirigeants, parfois, de certaines communes, et accepteraient sans doute en partie, pour certains d'entre eux, les plus éclairés, d'aller vers une métropole plus intégrée mais qui respecte davantage tous les équilibres.
[01:00] Alors, qu'est-ce qui se passe en réalité ? Moi, je suis d'accord avec ce que tu dis, [prénom d'un participant]. On paye en fait le fait qu'il n'y ait pas eu d'existence métropolitaine pendant une quarantaine d'années. Voilà le résultat des égoïsmes locaux, voilà ce qui crée de l'égoïsme local. Je pense qu'aujourd'hui, on est en train justement de réinventer dans la douleur, en tout cas moi c'est le souhait que j'ai, c'est l'optimisme qu'on a, on est en train de réinventer dans la douleur ce qui aurait dû être fait il y a maintenant plus de 40 ans, ce que vous aviez fait à l'époque à Lyon, avec une morphologie, une géographie qui est totalement différente et qui le permettait aussi plus facilement, voilà, il y a 60 ans, et ce que font aujourd'hui toutes les grandes villes.
[01:32] Moi, quand je vais dans les autres villes du territoire, que je parle de Toulon, que je parle de Nice, que je parle même des villes de droite, le phénomène métropolitain s'exprime facilement, parce qu'en réalité il n'est pas ankylosé par 40 ans de non-dits et 40 ans d'absence de discussion entre la ville-centre, parce que oui, il y a une ville-centre dans cette métropole-là, et les villes-centres avec des S à la fin, parce qu'il existe aussi d'autres villes importantes. Donc j'espère que demain il existera une conscience métropolitaine. Il faudra la faire naître peut-être dans des espaces. On espère qu'on pourra aller plus loin, mais surtout que la crise actuelle va nous permettre de répondre aux défis qu'on a, et peut-être qu'un jour on ira vers ce vers quoi vous, vous pensiez aller. Je pense que je serai peut-être… j'espère que je serai encore là. Voilà. Mais pas au pouvoir, peut-être, ne vous inquiétez pas.
[Fin de l'intervention.]